Tama et les Pléiades

Fiction Mythologique du BPEM · DGEE

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Il y a bien longtemps vivait Tama.

Un demi-dieu, disaient les uns. Un jeune homme comme tout le monde, disaient les autres.

Mais dans sa main dormait l'hameçon de Māui, celui-là même qui avait tiré les îles du fond de l'Océan, celui-là même qui avait retenu la course du soleil.

Et là-haut, une étoile dansait. C'était une Pléiade. Et Tama en était éperdument et irraisonnablement amoureux.

Chaque nuit, il courait vers elle.

Mais chaque nuit, elle dansait plus loin.

Plus il tendait la main pour l'attraper, plus elle s'éloignait.

Parfois, il vaut mieux laisser ce que l'on ne peut obtenir. Mais Tama ne le savait pas encore.

Une nuit, n'y tenant plus, il décida de ne plus courir.

Il allait la décrocher du ciel et la garder pour lui seul, se disait-il.

Alors il leva l'hameçon de Māui et le lança de toutes ses forces vers les Pléiades.

Mais il la manqua.

Pire encore, l'hameçon s'accrocha dans la voûte céleste, planté pour toujours au milieu des étoiles.

Craintives, la Pléiade et ses six sœurs s'enfuirent de l'autre côté du ciel.

Depuis ce jour, Tama tente de décrocher l'hameçon en tirant sur la ligne.

Le Matau a Māui est aujourd'hui appelé la constellation du Scorpion en Occident.

Quand l'hameçon apparaît dans le ciel, les Pléiades se cachent : c'est Matari'i i ni'a. La saison de l'abondance.

Quand les Pléiades s'élèvent, l'hameçon disparaît : c'est Matari'i i raro. La saison de la disette.

Ainsi tourne la voûte céleste depuis ce jour.

Le ciel réel

Derrière cette légende se cache un phénomène que l'on peut vraiment observer : l'amas des Pléiades (en tahitien Matari'i, « les petits yeux ») apparaît et disparaît du ciel au fil de l'année. Les anciens Polynésiens en avaient fait un repère sur leur calendrier lunaire, le Tārena.

Matari'i : le calendrier des Pléiades

Vers la mi-novembre, les Pléiades se lèvent au-dessus de l'horizon à la tombée de la nuit : c'est Matari'i i ni'a, « les Pléiades en haut ». S'ouvre alors la saison de l'abondance : les pluies arrivent, les récoltes sont généreuses, les poissons reviennent en nombre. Elle dure six mois.

Vers la mi-mai, c'est le Matau a Māui qui se lève à la tombée de la nuit ; les Pléiades, elles, passent sous l'horizon : c'est Matari'i i raro, « les Pléiades en bas ». Commence alors la saison de la disette, plus rude et plus sèche.

Le savais-tu ? Māui a utilisé les longs cheveux de sa sœur Hina pour tresser la grande corde qui lui a permis de ralentir la course du soleil. Pour se repérer sur le grand océan Moana Nui a Hiva, les anciens navigateurs polynésiens utilisaient les étoiles, mais aussi le soleil, le vent et la mer.

Fiction mythologique — BPEM · DGEE.

Supervision — Mairenui LEONTIEFF Illustrations — Poehei LEONE Récit, musique, bruitages & mise en scène interactive — Toarii POUIRA, librement inspirés des traditions polynésiennes

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