theatre-et-sciences

71 Rétine : (reprenant ses explications d’un ton docte) Les cônes sont responsables de la perception des couleurs, ce qui permet d’apprécier les couleurs de l’arc-en-ciel par exemple. Ils sont sensibles aux lumières colorées, bleues, rouges ou vertes. Avec les cônes, je peux te faire voir toutes les couleurs qui existent, c’est vraiment tiptop ! extraordinaire ! Sans eux, les paysages seraient tout gris. Ce serait dommage non ? Surtout chez nous… avec nos cocotiers, nos hibiscus et nos bougainvilliers… (elle soupire lon- guement.) Cerveau : (soupirant son tour, langoureusement) À qui le dis-tu ?… Moi j’adore les arcs-enciel, ça me détend quand je me suis trop énervé dans la journée… Tu ne peux pas imaginer à quel point ça me fait du bien de regarder un coucher de soleil et de me détendre un peu… Rétine : (rappelant l’ordre Cerveau) Ok, ok ! (un temps) Rétine appelle Cerveau ! Rétine appelle Cerveau ! Vous me recevez ? Alors… on peut continuer ? Je n’ai pas que ça à faire aujourd’hui ! Cerveau : (calme et détendu) Hum hum… Tu peux continuer. Rétine : (reprenant ses explications d’un ton docte) Donc, il y a les cônes pour voir les couleurs. Les bâtonnets eux, sont actifs dès qu’il y a de la lumière, même rien qu’un tout petit peu. Ils sont très sensibles à la luminosité, mais ils ne permettent pas de percevoir les couleurs. Ce sont eux qui fonctionnent par faible luminosité. La nuit tous les chats sont gris. Chacune de ces cellules examine un petit morceau de l’image : la taille, la couleur, la perspective, la luminosité et le relief. (Vidéo-projection ou présentation d’une belle photographie de fleur. La rétine se déplace sur scène et observe la fleur. Le cerveau la suit des yeux.) Cerveau : (il saisit Rétine par les épaules) Oui mais ! Et l’oiseau dans la cage ? On n’y est toujours pas ! Tu te rappelles cet oiseau dans la cage ? sur le thaumatrope ? Rétine : J’y arrive, patience ! Alors… tout d’abord, je t’apprendrais que le thaumatrope a été inventé en 1820 par deux Anglais : Fritton et Paris. Sais-tu que le nom de cet objet vient du grec et que ça veut dire « roue à miracle » ? Cerveau : (s’adressant au public. Il s’écarte un peu de Rétine pour qu’elle n’entende pas ce qu’il dit) Ouh la la… Elle en sait des choses ! Plus que moi on dirait… Mais je n’ai pas du tout envie de lui céder ma place… C’est moi le Patron ici ! Rétine : Tu disais quelque chose ? Cerveau : Tu rêves !… Et tu entends des voix ! Rétine : (reprenant ses explications d’un ton docte) Ce qu’il faut savoir, c’est que lorsqu’une image se forme sur moi, elle ne disparaît pas immédiatement. Toi, Cerveau, tu la perçois et tu l’interprètes pendant une fraction de seconde. C’est ça la persistance rétinienne ! Cerveau : (étonné) C’est tout ? Rétine : Mais non ! Laisse-moi continuer ! (tout en faisant tourner le thaumatrope) Quand tu tournes ton thaumatrope, l’image de l’oiseau est imprimée sur la rétine (elle montre son manteau représentant la rétine) et tu la perçois pendant une fraction de seconde, on est d’accord. Si immédiatement l’image de la cage se forme sur la rétine alors le signal de la cage arrive chez toi, cher cerveau, alors que tu perçois toujours le signal de l’oiseau. Les deux signaux se confondent et il te semble voir l’oiseau dans la cage : troublant, non ? Puis elle est superposée avec l’image de la cage grâce à la vitesse. À 24 images « oiseau-cage » par seconde, l’illusion optique est parfaite. Tu vois l’oiseau dans la cage.

RkJQdWJsaXNoZXIy NzgwOTcw