Origine géographique Le Pātia Fā est une discipline traditionnelle originaire de l’atoll d’Anaa, dans l’archipel des Tuamotu. Principalement pratiquée dans les îles Tuamotu, lors des fêtes traditionnelles et cérémonies locales, souvent en lien avec des événements communautaires ou festifs, cette activité connaît un développement progressif dans d’autres îles de la Polynésie française perpétuant un savoir-faire ancestral. Toponymie Le Pātia Fā étant un sport de plein air, il requiert un espace dégagé et sécurisé d’environ 50 x 30 mètres, soit l’équivalent d’une moitié de terrain de football, afin d’éviter tout risque lié aux lancers. Légendes associées La légende la plus connue est celle de Pai qui depuis Punaauia lança sa lance sur Moorea pour faire fuir Hiro et sa bande. La lance traversa la montagne en y faisant un trou. Cette montagne se nomme désormais « Mou’a puta » soit la montagne percée. Il y a bien longtemps, Hiro, le dieu des voleurs, et sa bande venue de Raiatea décidèrent de voler le mont Rotui, considéré comme le lieu par lequel les âmes des défunts montent vers les cieux. Arrivés à Moorea, alors appelée Aimeo i te rara varu (« Aimeo aux huit radiations »), ils attachèrent de longues lianes au sommet du mont Rotui et commencèrent à le tirer pour l'emporter. Pendant ce temps, sur l'île de Tahiti, le guerrier légendaire Pai fut réveillé par ses parents adoptifs, qui avaient vu en rêve le danger menaçant Moorea. Ils lui dirent : « Prends ta lance Ru-fau-tumu et jette-la sur Aimeo aux huit radiations. » Pai, obéissant, se rendit au sommet de la colline Tataa à Punaauia, d'où la vue sur Moorea est dégagée. Il lança sa lance magique, qui traversa la mer et perça un trou dans une montagne de Moorea, désormais connue sous le nom de Mou'a Puta (« montagne percée »). La lance continua sa trajectoire jusqu'à Raiatea, où elle s'enfonça dans une montagne, laissant une marque visible encore aujourd'hui Le bruit causé par la lance réveilla les coqs de Moorea, qui se mirent à chanter. Effrayés par l'arrivée imminente du jour, Hiro et ses voleurs abandonnèrent leur tentative et s'enfuirent précipitamment. Cependant, ils avaient réussi à détacher une partie du mont Rotui, qu'ils emportèrent à Raiatea. Cette portion, couverte de bois de fer (toa), se distingue encore aujourd'hui par sa végétation similaire à celle de Moorea, contrastant avec la flore environnante de Raiatea. Rituels Associé aux jeux et défis des guerriers polynésiens pour développer leur adresse et leur précision, la pratique de cette discipline requiert l'utilisation d’un pātia, instrument de lancer traditionnel. Le geste technique consiste en une impulsion ascendante, initiée par une flexion de l’index, tandis que l’avant-bras agit tel un levier catapultant le projectile avec précision. La confection du pātia est une étape déterminante pour garantir les performances du lancer. Le choix de l’essence de bois est important : celui-ci doit être léger, rectiligne et présenter une rigidité suffisante pour assurer une bonne restitution de l’énergie au moment du lancer. Le pūrau, le miro (bois de rose), le bambou ou la nervure médiane d’une palme de cocotier(faniu) offrent des caractéristiques mécaniques adaptées à cette utilisation. L’extrémité du pātia est équipée d’une pointe métallique. Celle-ci doit présenter un profil fuselé et affûté, facilitant sa trajectoire aérodynamique et sa pénétration dans la noix de coco. La pointe est généralement confectionnée à partir d’un fer à béton calibré, découpé et meulé selon des dimensions spécifiques. Son ancrage au pātia est assuré par un collier de serrage artisanal, souvent réalisé à partir d’un fragment de boîte de conserve, façonné pour garantir une fixation rigide et durable. Enfin, les pātia peuvent être personnalisés ou marqués de différentes façons sur le manche. Lors des compétitions, il est en effet indispensable de pouvoir identifier ceux appartenant à chaque participant car les lancers sont effectués presque simultanément. Une fois fichés dans la noix de coco, tous ces pātia évoquent l’image d’un gigantesque mikado. 28 CULTUREL CULTUREL
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