EPS web Tuaro maohi 26oaut2026

TITRE TŪ’ARO MĀ’OHI NIVEAU CYCLE 3 NIVEAU CYCLE 3 TOME 1 TOME 1 LIVRET PÉDAGOGIQUE MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA CULTURE

TŪ’ARO MĀ’OHI TŪ’ARO MĀ’OHI CYCLE 3 CYCLE 3 TOME 1 TOME 1 Direction générale de l’éducation et des enseignements Ministère de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la culture Ⓒ MEE-DGEE 2026 www.education.pf

SOMMAIRE EDITO 1 2 4 5 3 PRÉFACE ACTIVITÉS TRADITIONNELLES RESSOURCES ET ANNEXES REMERCIEMENTS 7 HEIVA TE’A - Tir à l’arc PĀTIA FĀ - Lancer de javelot TĪMAU RĀ’AU - Course du porteur de fruits TAUPIRIMĀ’ONA - Lutte PĀUMA - Cerf-volant TĪTĪRĀINA - Jeu de navigation ORIENTATIONS PÉDAGOGIQUES 4 6 8 12 13 27 38 61 73 84 87 92 6 BIBLIOGRAPHIE / SITOGRAPHIE 88

Samantha BONET-TIRAO Ministre de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la culture L’éducation physique et sportive occupe une place essentielle dans la formation globale des élèves. Elle contribue pleinement aux finalités de l’école en participant au développement harmonieux de la personne, à la construction de la santé, au vivre-ensemble et à l’acquisition de compétences transversales. Par la diversité des activités proposées, l’EPS permet à chaque élève de mieux connaître son corps, de développer ses capacités motrices, de s’engager avec autonomie et responsabilité, de coopérer et de respecter les règles. Elle favorise l’inclusion, valorise l’effort et offre des situations d’apprentissage concrètes et motivantes. L’EPS est également un levier fort pour la réussite scolaire, en contribuant au bien-être des élèves, en renforçant leur estime de soi et en créant un climat scolaire favorable. Elle participe enfin à la lutte contre la sédentarité et à l’éducation à la santé, enjeux majeurs de notre société. C’est pourquoi l’enseignement de l’EPS doit être pleinement intégré au projet pédagogique des écoles et des établissements, au même titre que les autres domaines d’apprentissage. Son développement, sa qualité et sa continuité tout au long de la scolarité doivent faire l’objet d’une attention particulière de la part des équipes éducatives et des autorités académiques. La pratique des activités et jeux traditionnels - Tū’aro Mā’ohi - dans le cadre de l’enseignement de l’éducation Physique et Sportive s’inscrit pleinement dans la volonté affirmée de mon ministère de reconnaître, à leur juste valeur, les pratiques culturelles polynésiennes, mais aussi de les ancrer dans le quotidien des élèves. Je souhaite saluer le travail engagé sous l’impulsion de mon prédécesseur, Ronny Teriipaia, qui a initié cette dynamique en faveur de la valorisation des Tū‘aro Mā‘ohi au sein des enseignements. Son engagement a permis de réaffirmer toute la place de l’EPS dans le parcours éducatif des élèves, au service de leur santé, de leur épanouissement et de l’ancrage culturel polynésien. Enfin, le travail réalisé par le Groupe Territorial, Enseignement de l’Éducation Physique et Sportive a permis de répondre, avec rigueur et engagement. En procédant à une didactisation exigeante et structurée de ces activités, les membres du groupe ont ouvert la voie à une approche plus intégrée, durable et cohérente des pratiques traditionnelles au sein des enseignements. Je tiens à exprimer ici ma reconnaissance sincère à chacune et chacun pour la qualité du travail accompli et pour la portée éducative, culturelle et institutionnelle de cette démarche. ÉDITO 1 4 Sommaire

Pierre CHIN-MEUN Inspecteur de l’éducation nationale, en charge de la mission EPS Dans le cadre des travaux menés par le Groupe Territorial « Enseigner l’éducation physique et sportive », nous affirmons la volonté d’accompagner une évolution professionnelle croisée des enseignants du premier et du second degré. Les professeurs des écoles apportent leur expertise en matière de polyvalence, favorisant une approche transdisciplinaire et interdisciplinaire, tandis que leurs collègues du second degré partagent leur maîtrise didactique du champ disciplinaire de l’EPS. Cette collaboration permet un enrichissement mutuel, fondé sur la complémentarité des compétences. En favorisant ces échanges de pratiques et de savoirs entre enseignants des deux degrés, nous plaçons la formation continue au cœur du développement professionnel. Cette dynamique collaborative, initiée autour de l’EPS, illustre notre ambition plus large : faire de l’école un espace d’apprentissage partagé, exigeant et bienveillant, au service de la réussite de tous les élèves. Nathalie VOLANT Inspecteur académique, pédagogique régional d’EPS auprès du Vice-rectorat de Polynésie française L’Éducation Physique et Sportive constitue un espace privilégié de collaboration entre le premier et le second degré, ses visées éducatives nécessitant continuité, cohérence, harmonie et efficacité. Aussi, la réflexion menée dans nos différents groupes de travail autour des activités physiques traditionnellement pratiquées en Polynésie a offert l’opportunité de penser les apprentissages moteurs, méthodologiques et sociaux des élèves dans leur singularité, de l'école primaire jusqu’au collège. Notre défi partagé est d’amener les élèves à transformer et développer des conduites motrices contextualisées qui permettent, entre autres, l’appropriation d’éléments fondamentaux de la culture polynésienne ; il s’agit là d’une première étape pour engager les enseignants à exploiter la richesse des activités traditionnelles, à se montrer créatifs dans la conception de dispositifs d’apprentissage porteurs de sens afin de favoriser le développement d’expériences corporelles variées, sources de plaisir et de construction de connaissances, véritables concepts formateurs d’une citoyenneté humaniste. 5 Sommaire

Ancrés au plus profond de notre culture polynésienne d'antan, les activités traditionnelles occupaient une place centrale dans la vie de nos ancêtres. Bien plus que de simples jeux, ces pratiques ancestrales rythmaient les festivités, les rituels et les compétitions locales, tout en forgeant la préparation physique et spirituelle de chacun. Aujourd'hui, nous avons à cœur de remettre pleinement en valeur cet héritage précieux, et nous souhaitons qu'il retrouve sa place légitime, notamment grâce à une implication croissante au sein des écoles et des établissements scolaires. Pour aider les enseignants à mettre en oeuvre ce programme de promotion et de transmission culturelle, le groupe territorial EPS, sous la supervision de l’IEN EPS et de l’IA-IPR EPS, s’est attaché à produire une série de didactisation de six de ces activités emblématiques : le Heiva Te'a (tir à l’arc), le Pātia Fā (lancer de javelot), le Tīmau rā'au (course du porteur de fruits), le Taupirimā'ona (lutte), le Pāuma (cerf-volant) et le Tītīrāina (jeu de navigation). Chaque activité est abordée sous un double prisme. D'abord, un angle culturel qui met en lumière l'importance de ces pratiques dans l'histoire et la vie quotidienne des polynésiens. Ensuite, un angle pédagogique conçu pour encourager l'apprentissage des élèves, accompagné de fiches séquences spécifiques. Cette première production s’inscrit dans une démarche exploratoire, appelée à évoluer au fil des expérimentations et des échanges. Loin d’être un modèle figé, elle propose une approche mêlant dimensions culturelle, scolaire et sportive, afin d’aider les élèves à développer des conduites motrices adaptées et réfléchies. Au gré des pratiques et des retours du terrain, ce travail collectif continuera de s’enrichir de nouveaux supports, de nouvelles perspectives et de méthodes d’apprentissage toujours plus en phase avec la réalité de nos classes. PRÉFACE 2 6 Sommaire

Pourquoi avoir choisi ces 6 activités traditionnelles ? Le choix de ces six activités traditionnelles résulte d’une volonté de diversité et de cohérence. Chacune d’elles offre un potentiel didactique riche, permettant une intégration naturelle dans l’un ou l’autre des quatre champs d’apprentissage qui structurent l’enseignement de l’EPS à l’école, tout en préservant pleinement leur portée culturelle et symbolique. Ces pratiques reflètent aussi la pluralité de nos héritages : certaines, comme le Pāuma, puisent dans des jeux de rue ou familiaux ; d’autres, tels le Tītīrāina, relèvent davantage du jeu d’adresse ou de navigation, tandis que le Pātia Fā et le Tīmau rā‘au rappellent la dimension physique et compétitive des traditions d’antan. Enfin, la faisabilité au sein du milieu scolaire a naturellement orienté nos choix. Si certaines disciplines, comme le Va‘a, nécessitent un environnement spécifique, d’autres se prêtent aisément à une mise en œuvre sur le terrain d’école, sans perdre leur authenticité. Puisse ce guide aider nos enseignants à la pérennisation de nos activités traditionnelles et permettre la transmission, à travers eux, d’un pan essentiel de notre identité aux générations futures. 7 Sommaire

Deux orientations majeures ont guidé notre réflexion : 1) Prioriser les connaissances essentielles, à la fois culturelles et propres à l’EPS, pour garantir les apprentissages des élèves. Sur le plan culturel, cela revient à se demander : que doit absolument savoir un professeur pour amener ses élèves à s’approprier des éléments fondamentaux de la culture polynésienne ? Il s’agit : de recenser les activités physiques traditionnelles pour cerner la diversité des pratiques ; d’identifier les éléments permettant de comprendre leurs origines et leur portée culturelle. Sur le plan de l’EPS, la même logique s’applique : de quels éléments doit-on disposer pour faire apprendre en EPS, quelles priorités poser ? Il s’agit : de situer chaque activité dans le cadre des programmes, en lien avec les champs d’apprentissage ; de repérer, dans les différentes dimensions de la conduite motrice, les capacités prioritaires à développer chez les élèves - les fondamentaux EPS 2) Sélectionner les capacités fondamentales à développer chez les élèves en EPS L’objectif est d’aider l’enseignant à relier les éléments culturels fondateurs des activités physiques traditionnelles et les éléments fondateurs de l’apprentissage en EPS, afin de permettre à chaque élève de vivre des expériences corporelles porteuses de sens. ORIENTATIONS PÉDAGOGIQUES 3 8 Sommaire

Origine géographique Toponymie Légendes associées Rituels Règlement Vocabulaire Champ d’apprentissage Fondamentaux Moteurs Fondamentaux Réflexion Fondamentaux Engagement Fondamentaux Relation aux autres Eléments culturels à s’approprier que doit absolument savoir un professeur pour amener ses élèves à s’approprier des éléments fondamentaux de la culture polynésienne ? Eléments EPS à déterminer de quels éléments doit-on disposer pour faire apprendre en EPS, quelles priorités poser ? 1) Prioriser les connaissances essentielles 9 Sommaire

4 S’adapter à toute situation en engageant la motricité RELATION AUX AUTRES Expérimenter MOTRICITÉ ENGAGEMENT RÉFLEXION Se préserver Oser Contrôler (se) Prendre des informations S’équilibrer Coordonner Manipuler Se déplacer Exprimer Observer Raisonner Créer Se mettre en projet Exploiter des outils Respecter S’ouvrir Coopérer Communiquer 2) Sélectionner les capacités fondamentales 10 Sommaire

4 S’adapter à toute situation en engageant la motricité RELATION AUX AUTRES Expérimenter MOTRICITÉ ENGAGEMENT RÉFLEXION Se préserver Oser Contrôler (se) Prendre des informations S’équilibrer Coordonner Manipuler Se déplacer Exprimer Observer Raisonner Créer Se mettre en projet Exploiter des outils Respecter S’ouvrir Coopérer Communiquer Choix du champ d’apprentissage : articulation des capacités fondamentales à travailler prioritairement en EPS choix des entrées culturelles en fonction des priorités de l’équipe éducative Choix des entrées et des capacités culturelles et EPS opérés par l’équipe d’enseignants pour être en cohérence avec son projet d’école, de centre ou d’établissement Eléments culturels retenus Eléments EPS retenus Origine géographique Toponymie Légendes associées Rituels Règlement Vocabulaire Champ d’apprentissage Fondamentaux Moteurs Fondamentaux Réflexion Fondamentaux Engagement Fondamentaux Relation aux autres 11 Sommaire

VOLET PÉDAGOGIQUE VOLET SÉQUENCE & ÉVALUATION VOLET CULTUREL A B C Immersion dans les racines de l’activité traditionnelle concernée, explorant son histoire, sa signification profonde et son rôle essentiel dans la culture polynésienne d'antan, des rituels ancestraux aux festivités traditionnelles. Proposition de pistes et d’approche concrètes pour enseigner ces pratiques aux élèves, en adaptant les techniques et les valeurs ancestrales à un contexte éducatif contemporain. Des plans d'activités détaillés et prêts à l'emploi, ainsi que des grilles d’évaluation conçus pour guider les enseignants pas à pas dans l'organisation et l'animation des séances, favorisant une immersion complète des élèves. Un QR code en bas de page, avec lien hypertexte, vous donnera accès aux annexes et ressources existantes. Dans ce livret, chaque activité est présentée de manière structurée : son volet culturel, son volet pédagogique et sa fiche séquence détaillée. ACTIVITÉS TRADITIONNELLES 4 12 Sommaire

HEIVA TE’A - Tir à l’arc source : Musée de Tahiti et des îles Sommaire 13

Origine géographique Iles de la Société : Tahiti, Moorea, Tetiaroa, Raiatea, Huahine. Toponymie Ce sport s’exerçait le plus souvent au pied d’une montagne ou au bord de la mer. Les plateformes d’archers, ou tōrē tahua, composées de pierres de basalte, étaient construites près d’un marae, sur une place sacrée dans les vallées, face aux flancs dégagés des collines. L’architecture frontale se caractérisait par une forme en demi-cercle, associant cette discipline au calendrier lunaire. Plusieurs plateformes subsistent dans les îles de la Société, notamment à Tahiti, Moorea, Ra’iatea, Huahine et sur l’atoll de Tetiaroa, où la structure est quant à elle en corail. Légendes associées Il n’existe pas de légende polynésienne qui relate explicitement un récit mythique centré sur le te’a. Rituels Les Polynésiens ne semblent jamais s’être servi de l’arc comme arme de chasse ou de guerre. Te’a était le terme utilisé pour désigner un divertissement sportif sacré destiné à mettre en valeur la force, la puissance et l’habileté. Le te’a était un symbole de pouvoir et de virilité. Ce sport était donc réservé aux Ari’i, aux grands chefs. Une cérémonie de purification des archers se déroulait avant la compétition sur le marae situé à côté de la plateforme. Le dieu Patutetava’e, divinité des archers, était invoqué. Une fois les préparatifs terminés, les archers montaient sur la plateforme, ou paepae, habillés pour l’occasion. Un retour sur le marae avait lieu à la fin de la compétition afin de se purifier, tandis que les vêtements, les arcs et les flèches étaient rangés avec les objets sacrés dédiés au culte. Règlement But : envoyer la flèche le plus loin possible, dans un couloir de tir soigneusement dégagé, sans recherche de précision de tir. La technique de tir consistait à plier un genou puis lever son arc et tendre la corde avec la main jusqu’à ce que la flèche touche le centre de l’arc (Teuira Henry 1928). Une fois la flèche projetée au son des tambours, des guetteurs répartis le long du champ de tir ou de jeunes garçons en haut des arbres et des cocotiers, indiquaient, à l’aide de petits drapeaux en tapa blanc, la distance du tir, et par là même, le vainqueur. Si l’on en croit les témoignages, la distance pouvait aller jusqu’à plus de 300m. 14 CULTUREL CULTUREL

Vocabulaire 1. Lexique - heiva te’a : tir à l’arc traditionnel polynésien - tōrē tahua : plateforme - fana : arc / tirer - taura : corde - ‘ofe : flèche - pe’eha : carquois - fana : tirer - fa’atano : viser - te’ara’a : alignement - tere, terera’a : trajectoire - taahira’a, ti’araa, te mau turu : appuis - poro : angle - tau’ati : équilibre - tū’ati : stabilité - ti'araa papū e te aifaito : posture stable et équilibrée - pūa’i : force / énergie / force - marū : doucement - fa’atītī’aifaro / fa’a’āfaro : se redresser - ha’aparuparu (i te taura) : relâcher - fa’atū : s’équilibrer - tū’ati : coordonner - fāito āera : amplitude - manuia / manuia ore : réussir / rater - i ni’a / i raro / i rōpū : en haut / en bas / au centre - turi : genou - rima : bras - tino : corps - fa’atano : viser 2. Commandes et expressions codifiées (forme moderne) - ‘a fa’aineine ia ‘oe : se préparer - ‘a tu’u ta ‘oe turi i raro : pose ton genou au sol - ta ‘oe (c’est ton tour) : pour indiquer le tour - ‘A tīrā : ordre d’arrêt de la session de tir - ua manuia / ua manuia ‘ore : évaluation du tir par l’arbitre ou par le binôme ou l’enseignante 3. Verbes d’action caractéristiques - fana : tirer - fa’atano : viser - huti i te taura : bander l’arc, mettre en tension - pū’oi te rima e te paufifi : aligner épaule-bras-main - fa’ata’ata’a : relâche - haatau’ati : s’ancrer, s’équilibrer - tu’u i te turi i raro : mettre un genou au sol - fa’areva i te ‘ofe : décocher - fa’a ‘āfaro i te tino : se tenir droit, se redresser - hi’o maitai : regarder, observer 4. Notions techniques du tir à l’arc - Tension : État d’un muscle ou d’une corde quand on tire dessus. En tir à l’arc, c’est la force qui étire la corde avant de lâcher la flèche. - Fluidité du geste : Mouvement qui se fait sans blocage, sans saccade, de manière souple et continue. - Force : En tir à l’arc, c’est l’énergie utilisée pour tendre la corde. - Recherche d’un angle optimal : Action de trouver la meilleure inclinaison pour tirer, celle qui permet à la flèche d’aller le plus droit et le plus loin possible. - Trajectoire : Chemin que suit un objet qui se déplace dans l’air. Pour une flèche, c’est la courbe qu’elle dessine jusqu’à la cible. - Stabilité : Capacité à rester immobile, sans trembler. En tir à l’arc, cela aide à viser correctement. - Précision : Qualité d’un geste ou d’un tir qui atteint exactement l’endroit voulu. En tir à l’arc, c’est toucher la zone visée sur la cible. La technique de tir : - Armement : Action de tirer la corde de l’arc vers l’arrière pour préparer le tir. - Allonge : Distance entre la corde et l’arc quand la corde est complètement tirée en arrière. - Visée : Action d’aligner son œil, le viseur et la cible pour tirer au bon endroit. - Décoche : Moment où l’on relâche la corde pour envoyer la flèche. - Suivi de tir : Fait de garder la même position juste après avoir lâché la corde, pour que la flèche parte bien droit. - Pas de tir : C’est l’endroit précis où l’archer se place pour tirer ses flèches vers la cible. C’est une zone délimitée, généralement marquée au sol, qui assure la sécurité et l’ordre pendant la pratique ou la compétition. 15 CULTUREL CULTUREL

Champ d’apprentissage CA1 : Produire une performance optimale, mesurable à une échéance donnée Fondamentaux Moteurs Coordonner / manipuler La coordination et la manipulation permettent d’adopter une position optimale en trouvant un compromis entre la puissance et la direction du tir. Ce compromis repose sur la recherche et le maintien de la stabilité, la gestion de la tension et la recherche d’un angle optimal. On apprend donc à l’élève à : développer une nouvelle motricité, différenciée entre les deux mains ; coordonner des actions motrices simples d’orientation, où la main et le bras d’arc orientent la visée vers le haut, tandis que la main et le bras de corde mettent l’arc en tension ; coordonner la puissance produite par le bras de corde et la direction assurée par le bras d’arc ; être capable de “dissocier” le haut du corps au bas du corps ancré dans le sol. Prendre des informations L’analyse et la régulation des tirs s’effectuent en continu en fonction des résultats obtenus (direction), des sensations perçues (contrôle du geste), des indications et conseils donnés par le binôme et l’enseignant. La prise de repères lors de l’armement concerne : la position du buste par rapport à l’angle d’envol de la flèche ; la traction du bras de corde en lien avec la stabilité générale. Recherche et maintien de l’équilibre L’équilibre constitue un élément fondamental de l’activité, l’archer tirant à genou. Un contrôle postural est nécessaire. On apprend donc à l’élève à : stabiliser son corps et répartir son poids de manière à rester en équilibre ; ajuster sa position en fonction de la traction de l’arc et de la direction du tir ; intégrer l’équilibre comme un élément fondamental pour soutenir la puissance et la précision du tir. 16 PÉDAGOGIQUE PÉDAGOGIQUE

Fondamentaux Réflexion Observer On apprend à l’élève à : orienter son attention sur des repères précis, un seul paramètre à la fois ; recueillir les données, les informations pour ajuster son geste. Raisonner Pour progresser, l’élève devra : prendre en compte les observations et les conseils transmis par l’enseignant et son binôme qui tient le rôle de coach ; mettre en relation le résultat de son action avec la procédure utilisée. Fondamentaux Engagement Se contrôler Le contrôle de soi repose sur la maîtrise des émotions, notamment par la gestion du stress entre les tirs. S’engager L’’engagement dans l’action s’exprime par la capacité à oser et à expérimenter, en se mobilisant de façon continue tout au long des tirs. Fondamentaux Relation aux autres Respecter Les règles de sécurité, les règles de l’activité, les autres, le matériel et l’environnement. Coopérer Développer un esprit d'entraide et de coopération pour progresser (écouter et accepter les remarques / conseiller son binôme, donner le meilleur de soi pour l’équipe, compter les points avec les partenaires, etc.). Lexique Utiliser le lexique commun partagé pour conseiller le partenaire, communiquer efficacement et se faire comprendre en français et/ou en reo tahiti. L’organisation de l’activité en trinôme distingue un élève en action, un élève jouant le rôle de coach (voir annexe 1) et un élève assumant la fonction de juge-arbitre (voir annexe 2). 17 PÉDAGOGIQUE PÉDAGOGIQUE

Tir à genou sur une longue distance dans un couloir de tir soigneusement dégagé. Présence des guetteurs en dehors des couloirs. ➱ Tirer loin (sens / performance) tout en contrôlant son geste (posture à genou) ➱ Prendre des repères sur soi pour gérer le couple puissance / précision ➱ Observer : diriger son attention sur des points précis : pour valider une distance de tir pour aider son camarade à réguler son geste ➱ Format de compétition (tournoi) CA n°1 = performance Coordonner ses actions pour tirer loin et précis Prendre des informations sur soi et sur les autres Coopérer Respecter les règles, les autres MOTRICITÉ RELATION AUX AUTRES Objectif pour l’enseignant Amener les élèves à ajuster son geste et son corps pour tirer le plus loin possible. Phases préalables à l’activité : Distinguer le tir traditionnel polynésien du tir à l’arc moderne ; S’approprier le vocabulaire en français et en tahitien ; Connaître et respecter les règles de sécurité liées à l’utilisation de l’arc. Démarche d’enseignement L’intention pédagogique est de proposer un apprentissage progressif et complet, favorisant la motricité, l’engagement et la réflexion des élèves illustrée par : Une situation qui permet de travailler la coordination, la mise en tension, la puissance, l’équilibre, et l’analyse de l’angle de tir ; Une situation évolutive qui offre aux élèves la possibilité de répéter les gestes, de les ajuster et les affiner dans une perspective d’automatisation pour atteindre la performance ; Un questionnement inducteur qui encourage l’expérimentation, la réflexion et la recherche de solutions. L’enseignant s’assurera que : - l’attention de l’élève soit d’abord concentrée sur un seul paramètre précis, pour faciliter la prise de repères et l’ajustement des gestes ; - d’autres paramètres soient introduits progressivement, un seul à la fois, pour complexifier la tâche et développer une motricité plus fine et ajustée, menant vers une recherche de performance ; - que l’archer dispose de temps d’échanges avec son binôme et avec l’enseignant. Ces temps permettent l’auto-régulation et la progression grâce à des retours ciblés. 18 SÉQUENCE SÉQUENCE

Ce qu’il y a à apprendre Objectifs disciplinaires Construire ses propres repères pour atteindre la zone la plus éloignée : Mettre en tension l’arc tout en exerçant une ligne de force qui favorise l’alignement des 2 bras : traction / répulsion et tout en contrôlant la puissance exercée (coordonner main/bras/épaule, tension et puissance) ; Rechercher et maintenir une posture équilibrée et adaptée : s’ancrer au sol, stabiliser sa base, rechercher l’inclinaison du buste la plus adaptée, et coordonner traction / répulsion pour maximiser la portée ; Varier les angles de tir pour observer les résultats, comparer les trajectoires et la distance parcourue par la flèche et affiner progressivement son réglage vers l’angle optimal ; Ajuster sa posture et ses gestes en situation, dans l’action, en mobilisant ses propres repères, les sensations perçues et leur analyse, ainsi que les apports extérieurs : les indications ou questionnements inductifs de l’enseignant(e), les retours du binôme, et les repères ou aides visuelles proposés dans le dispositif pédagogique. Attitudes cognitives en jeu dans cette activité Pour être performant et pour réussir l’élève va apprendre à : Avoir une ATTENTION ciblée en se focalisant sur son objectif (atteindre une zone, bander son arc, gérer la tension, décocher une flèche, stabiliser les appuis, s’ancrer au sol, gainer, coordonner le bas du corps au haut du corps…) et en faisant abstraction (INHIBITION)des distracteurs possibles (bruits, camarades…) ; Maintenir son niveau de CONCENTRATION et son ENGAGEMENT durant toute la session, gérer sa frustration Faire preuve de PERSÉVÉRANCE : accepter de ne pas être en réussite tout de suite ; PLANIFIER son action : d’abord, je m’ancre au sol, puis je recherche la posture adaptée. Je tends mes bras, je les aligne, j’oriente mon arc… ; INTÉGRER les informations pour être de plus en plus performant ; S’AUTORÉGULER et réajuster ses gestes en faisant appel à son langage intérieur ; GARDER EN MÉMOIRE ce qui fonctionne pour l’utiliser lors des tirs suivants. Préalable à l’activité : déterminer son oeil directeur L’oeil directeur est celui qui permet de viser précisément une cible ou une zone (tir longue distance). Il détermine la latéralité pour la pratique du tir à l’arc, la main d’arc et la main de tir. Il est conseillé de réaliser cette activité soit en classe soit dès l’arrivée sur le terrain. Elle ne devra pas excéder 3 minutes. 19 SÉQUENCE SÉQUENCE

Ce qu’il y a à apprendre Un archer droitier vise avec son œil droit, tient son arc de la main gauche et tire la corde avec la main droite. Un archer gaucher vise avec son œil gauche, tient son arc de la main droite et tire la corde avec la main gauche. Deux méthodes : La méthode du doigt pointé : Les deux yeux ouverts, pointez un doigt vers un objet. Tout en maintenant votre doigt vers l’objet, fermez un œil à la fois. Si votre doigt reste sur l’objet avec l’œil gauche ouvert, vous êtes gaucher. Si c’est avec l’œil droit, vous êtes droitier. La méthode d’ouverture : Faire un petit triangle avec les mains en écartant les doigts, le tenir à bout de bras et viser un objet au loin à 4-5 m (par exemple, un petit objet posé sur un tableau ou un point au mur). Fermer alternativement un œil à la fois et voir lequel des deux yeux garde l'objet dans le centre du triangle. L'œil qui garde l'objet dans le triangle est l'œil directeur. Progressivité La situation reste la même mais à chaque étape, l’élève focalise son attention sur un seul aspect du tir (la posture, les appuis, la tension, le lâcher…). Quand cet aspect est bien réglé, il peut passer au suivant pour progresser vers un tir de plus en plus efficace et performant. Chaque nouvelle expérience permet à l’élève de consolider les réglages précédents. Il enrichit ainsi son répertoire de gestes, en gardant en mémoire ce qui fonctionne pour l’utiliser lors des tirs suivants. Pour maintenir la motivation et l’engagement de l’élève, il est essentiel de prendre en compte le premier but qu’il se donne : réussir à décocher une flèche. La « technique » suivra. 20 SÉQUENCE SÉQUENCE

Ce qu’il y a à apprendre Paramètres / Point de vigilance pour l’élève (“faire attention à...”) La mise en tension de l’arc : Apprendre à mettre en tension l’arc en installant une ligne de force favorisant l’alignement des deux bras (traction/ répulsion) ; Apprendre à contrôler la tension. Dans un premier temps, demander à l’élève de porter son attention sur l’armement de l’arc. Trouver les réglages ; Puis de porter son attention sur la puissance à exercer, sur la coordination tension - puissance - bras autrement dit coordonner pousser/tirer avec les bras : « Plus j’arme mon arc, plus ma flèche va loin ». Trouver les réglages ; Se concentrer ensuite sur un lâcher fluide, en ouvrant doucement les doigts, sans àcoup, en gardant le corps immobile au moment du tir, dans la position un genou au sol. Trouver les premiers réglages ; Enfin, faire attention à la posture au sol : être bien équilibré sur les deux appuis (genou au sol et pied opposé), le corps droit et stable, avec un ventre et un dos solides pour assurer un tir puissant et contrôlé. Questionnement inducteur : Que se passe t-il lorsque tu tends plus ou moins ton arc ? Comment peux-tu savoir que ton arc est bien tendu ? Comment peux-tu améliorer la distance sans changer d’arc ni de flèche ? Essaye de lâcher la corde trop doucement, doucement, rapidement. Que remarques-tu ? Comment améliorer la distance selon toi ? Critères de réalisation : Effectuer un mouvement de tension efficace sur l’arc avec des bras bien alignés : coordonner posture, gestes, puissance ; Maintenir la position pendant quelques secondes sans douleur ni tension excessive ; Contrôler la puissance de tir en armant plus ou moins l’arc en fonction de la distance parcourue par la flèche. Critère de réussite : Dans une salve de 5 flèches, l’élève, un genou au sol, envoie au moins 3 flèches dans la zone centrale avec une distance de tir de plus en plus grande (tirer de plus en plus loin). 21 SÉQUENCE SÉQUENCE

La recherche d’une posture équilibrée et adaptée : Trouver et garder une posture stable et équilibrée à genou ; S’ancrer au sol avec le genou et le pied opposé ; Chercher la meilleure inclinaison du buste pour tirer loin ; Coordonner les bras : tirer la corde et pousser l’arc pour que la flèche aille le plus loin possible. Dans un premier temps, demander à l’élève de porter son attention sur l’ancrage au sol. L’enseignant peut lui demander d’imaginer que son genou est un pieu planté dans le sol. Percevoir, ressentir. « Regarde bien tes appuis : imagine que ton genou est un pieu planté dans le sol.” ; Lorsque ce premier réglage est fait, demander à l’élève de porter son attention sur les deux appuis, genou et pied opposé : rechercher la stabilité en répartissant son poids entre les deux appuis. S’ancrer au sol. « Vérifie que ton genou et ton pied opposé partagent ton poids pour rester stable. » ; Enfin, porter son attention sur la coordination des bas, du corps qui est stabilisé et du haut du corps, bras, buste, tête (armement de l’arc). Ajuster, trouver les premiers réglages. « Pense à coordonner le bas du corps et le haut du corps (bras, buste, tête) pour armer l’arc correctement.” L’élève peut armer l’arc de plus en plus loin pour gagner en distance. “Tu peux tirer plus fort ou moins fort selon la distance de la flèche.” Il peut pratiquer des tirs à différentes distances pour ajuster la tension. “Essaie de tirer à différentes distances pour sentir comment régler la tension.” Questionnement inducteur : Comment peux-tu t’y prendre pour mieux sentir tes deux appuis au sol ? Que se passe-t-il si ton poids est trop en avant ou trop en arrière ? Est-ce plus facile de tirer loin quand tu es bien ancré ou quand tu es déséquilibré ? Est-ce plus facile de tirer loin quand tu es plutôt en arrière ou plutôt en avant ? Que faire pour tirer plus loin possible ? Autres formulations de conseils de l’enseignant : Fais attention à tes appuis ; Pose bien ton genou et ton pied pour ne pas tomber ; Coordonne l’inclinaison de ton corps et le mouvement des bras pour tirer plus loin et plus efficacement. Critères de réalisation : Poser le genou au sol comme si c’était un pieu ; Aligner mains, bras et épaules ; Regarder la flèche et lever le menton en même temps que les bras. Critère de réussite : Au moins 1 flèche de la salve a atteint une zone plus éloignée. 22 SÉQUENCE SÉQUENCE

La recherche d’un bon angle de tir : Rechercher l’angle de tir optimal ; Pratiquer des tirs successifs à différents angles pour comparer leurs effets sur la trajectoire et la distance. L’élève construit ses propres repères sensoriels, corporels et visuels grâce à l’élastique tendu entre deux poteaux, qu’il déplace en fonction du résultat obtenu. Il s’appuie également sur les retours de son binôme et de son enseignant. Facteurs influençant la distance : l’angle : autour de 45° par rapport à l'horizontale pour obtenir une portée maximale. ; le positionnement de l'arc et l’orientation du corps ; la posture dynamique : qualité de la tension, stabilité, relâchement au moment du lâcher. Paramètres / points de vigilance pour l’élève : Porter d’abord son attention sur la position de l’arc (orientation, hauteur, stabilité) ; Puis sur l’inclinaison du buste ; Effectuer des tirs successifs, observer, analyser, effectuer des réglages jusqu’à obtenir le bon angle. L’élève peut : - Répéter les gestes tout en contrôlant et en maintenant sa posture jusqu’à trouver la bonne tension ; - Se corriger, trouver l’équilibre, trouver la tension adaptée ; - Ajuster l’angle d’attaque de l’arc pour que la flèche suive une trajectoire optimale. Questionnement inducteur : - Selon toi, pourquoi la flèche ne va-t-elle pas plus loin ? - Où placer ton arc pour qu’elle aille plus loin ? - À quel moment ta flèche va-t-elle plus loin : quand tes bras sont bas, moyens ou hauts ? E t difi l’i li i dt bt h ltjti d l flè h ? But de la séquence pour l’élève Sur un temps défini, envoyer un maximum de flèches dans la zone la plus éloignée (chaque zone franchie rapporte 5 points supplémentaires par rapport à la précédente). 23 SÉQUENCE SÉQUENCE

Dispositif Contrainte liée au dispositif : Un espace dégagé et sécurisé pour pratiquer (idéalement un terrain de tir à l'arc ou une grande salle). Un couloir délimité. Un binôme observateur qui se situe plutôt à l’arrière du pas de tir et un jugearbitre. Dispositif d'apprentissage / d’entraînement - Un pas de tir clairement visible et délimité ; - Deux poteaux de part et d’autre de la zone de tir avec un élastique tendu entre eux pour matérialiser la zone de recherche de l’angle de tir optimal ; - Des zones de tir matérialisées au sol ; - Des zones de points au sol (marquage horizontal indiquant la progression des distances). Juge arbitre 24 SÉQUENCE SÉQUENCE

Consignes Tire ta flèche dans la zone la plus éloignée. Effectue plusieurs essais successifs avant de trouver le bon réglage ; Mémorise ce qui fonctionne et utilise le lors des tirs suivants ; Fixe ton objectif (zone à atteindre) avant de tirer ; Prends appui sur le sol avec ton genou et ton pied opposé. Contenu ou questionnement inductif Le but est d’attirer l’attention des élèves sur des indicateurs précis : Indicateur “oeil directeur” Que se passe-t-il si tu te trompes d’œil directeur ? “Si tu utilises le mauvais œil pour viser, tu ne regardes pas bien dans l’axe de la flèche. Du coup, tu peux tirer de travers sans t’en rendre compte, ou bouger la tête au dernier moment pour compenser, ce qui fait perdre de la puissance et de la précision.” “Un archer droitier vise avec son oeil droit, tient son arc de la main gauche et tire la corde avec la main droite. Un archer gaucher vise avec son oeil gauche, tient son arc de la main droite et tire la corde avec la main gauche” Indicateurs de performance Qu’est-ce qui t’a permis d’aller au-delà de ligne ? As-tu incliné ton corps ? jusqu’à quel niveau ? As-tu fait varier la position de ton arc ? Est-ce que la façon dont tu tiens ton arc, la force que tu exerces au moment où tu tends ton arc et l’inclinaison de ton arc a un impact sur la distance parcourue par la flèche ? Critère de réussite Atteindre la zone la plus éloignée possible Variables / Outils à disposition Augmenter le nombre de flèches par salve ; Matérialiser la zone d’attaque de l’angle avec deux élastiques ; Rapprocher ou éloigner la distance des zones ; Images des angles affichées près du pas de tir ; Fiches ou cahier de l’élève pour noter ses observations, performances… ; Tableau d’affichage collectif. 25 Ressources & Annexes SÉQUENCE SÉQUENCE

Éléments remarquables Culturels EPS ❏ Tir à genou ❏ Tir longue distance ❏ Pratique en équipe ❏ Coordination ❏ Équilibre ❏ Recherche d’un angle optimal : réflexion – choix - ajustement Rôle Ce que l’on évalue Organisation de l’espace pour l’évaluation Archer Mise en tension (coordination - mise en tension - contrôle) : - Coordination épaule, bras, main au moment de l’armement ; - Coordination traction et répulsion pour maximiser la portée ; - Dissociation du bas du corps (stable) au haut du corps (en mouvement contrôlé). Équilibre de la posture (engagement - stabilité - ancrage) : - Maintien d’une posture stable sans basculer vers l’avant ou vers l’arrière ; - Absence de mouvements parasites pendant la visée. Angle de tir et optimisation (réflexion - choix - ajustement) : - Ajustement de l’angle de tir à partir de la comparaison des effets des différents angles lors des tirs successifs ; - Adaptation de l’inclinaison du buste et de la trajectoire de l’arc pour rechercher l’angle de tir le plus efficace. Performance : - Zone atteinte par le tireur x100 Observateur Observation / Conseil - La justesse du langage et la pertinence des conseils reposent sur l’usage d’un vocabulaire précis de l’APSA (en français ou en reo) et sur le respect d’une syntaxe correcte ; - Le vocabulaire utilisé pour observer ou conseiller (français / reo) ; - La correction de la syntaxe. Juge-arbitre Respect de la règle - La connaissance des règles et la capacité à prendre des décisions et faire appliquer la règle ; - La fiabilité de l’observation / la qualité du conseil. Evaluation possible Affecter des coefficients aux zones pour valoriser le rapport PRÉCISION / PUISSANCE Coefficients : Liens avec les autres savoirs : Mathématiques Langage oral et langage écrit (français et/ou reo tahiti) Histoire X1 X1 X1 X10 X10 X10 X100 X100 26 EVALUATION EVALUATION

27 Sommaire PĀTIA FĀ - Lancer de javelot source : Tahiti infos

Origine géographique Le Pātia Fā est une discipline traditionnelle originaire de l’atoll d’Anaa, dans l’archipel des Tuamotu. Principalement pratiquée dans les îles Tuamotu, lors des fêtes traditionnelles et cérémonies locales, souvent en lien avec des événements communautaires ou festifs, cette activité connaît un développement progressif dans d’autres îles de la Polynésie française perpétuant un savoir-faire ancestral. Toponymie Le Pātia Fā étant un sport de plein air, il requiert un espace dégagé et sécurisé d’environ 50 x 30 mètres, soit l’équivalent d’une moitié de terrain de football, afin d’éviter tout risque lié aux lancers. Légendes associées La légende la plus connue est celle de Pai qui depuis Punaauia lança sa lance sur Moorea pour faire fuir Hiro et sa bande. La lance traversa la montagne en y faisant un trou. Cette montagne se nomme désormais « Mou’a puta » soit la montagne percée. Il y a bien longtemps, Hiro, le dieu des voleurs, et sa bande venue de Raiatea décidèrent de voler le mont Rotui, considéré comme le lieu par lequel les âmes des défunts montent vers les cieux. Arrivés à Moorea, alors appelée Aimeo i te rara varu (« Aimeo aux huit radiations »), ils attachèrent de longues lianes au sommet du mont Rotui et commencèrent à le tirer pour l'emporter. Pendant ce temps, sur l'île de Tahiti, le guerrier légendaire Pai fut réveillé par ses parents adoptifs, qui avaient vu en rêve le danger menaçant Moorea. Ils lui dirent : « Prends ta lance Ru-fau-tumu et jette-la sur Aimeo aux huit radiations. » Pai, obéissant, se rendit au sommet de la colline Tataa à Punaauia, d'où la vue sur Moorea est dégagée. Il lança sa lance magique, qui traversa la mer et perça un trou dans une montagne de Moorea, désormais connue sous le nom de Mou'a Puta (« montagne percée »). La lance continua sa trajectoire jusqu'à Raiatea, où elle s'enfonça dans une montagne, laissant une marque visible encore aujourd'hui Le bruit causé par la lance réveilla les coqs de Moorea, qui se mirent à chanter. Effrayés par l'arrivée imminente du jour, Hiro et ses voleurs abandonnèrent leur tentative et s'enfuirent précipitamment. Cependant, ils avaient réussi à détacher une partie du mont Rotui, qu'ils emportèrent à Raiatea. Cette portion, couverte de bois de fer (toa), se distingue encore aujourd'hui par sa végétation similaire à celle de Moorea, contrastant avec la flore environnante de Raiatea. Rituels Associé aux jeux et défis des guerriers polynésiens pour développer leur adresse et leur précision, la pratique de cette discipline requiert l'utilisation d’un pātia, instrument de lancer traditionnel. Le geste technique consiste en une impulsion ascendante, initiée par une flexion de l’index, tandis que l’avant-bras agit tel un levier catapultant le projectile avec précision. La confection du pātia est une étape déterminante pour garantir les performances du lancer. Le choix de l’essence de bois est important : celui-ci doit être léger, rectiligne et présenter une rigidité suffisante pour assurer une bonne restitution de l’énergie au moment du lancer. Le pūrau, le miro (bois de rose), le bambou ou la nervure médiane d’une palme de cocotier(faniu) offrent des caractéristiques mécaniques adaptées à cette utilisation. L’extrémité du pātia est équipée d’une pointe métallique. Celle-ci doit présenter un profil fuselé et affûté, facilitant sa trajectoire aérodynamique et sa pénétration dans la noix de coco. La pointe est généralement confectionnée à partir d’un fer à béton calibré, découpé et meulé selon des dimensions spécifiques. Son ancrage au pātia est assuré par un collier de serrage artisanal, souvent réalisé à partir d’un fragment de boîte de conserve, façonné pour garantir une fixation rigide et durable. Enfin, les pātia peuvent être personnalisés ou marqués de différentes façons sur le manche. Lors des compétitions, il est en effet indispensable de pouvoir identifier ceux appartenant à chaque participant car les lancers sont effectués presque simultanément. Une fois fichés dans la noix de coco, tous ces pātia évoquent l’image d’un gigantesque mikado. 28 CULTUREL CULTUREL

Règlement Il s’agit de viser et de toucher, le plus grand nombre de fois possible, une noix de coco plantée au sommet d’un mât de 9,50 mètres de hauteur, depuis une distance de 22 mètres. Le lanceur dispose de huit séries de dix lancers. La noix de coco est divisée en quatre zones attribuant des points différents : 4, 6, 8 et 10. Plus la lance se plante haut sur la noix, plus le score obtenu est élevé. La discipline peut se pratiquer en individuel ou par équipe de trois participants. Dans un cadre scolaire, des adaptations sont possibles selon l’âge des élèves. La cible — noix de coco ou cerceau — peut être installée à une hauteur de 2,50 à 3 mètres, et les élèves placés entre 5 et 8 mètres de distance, en fonction de leur niveau. Vocabulaire 1. Lexique - pātia fā : lancer de javelot traditionnel - pātia : javelot, lance (le projectile) - fā : flèche, javelot - ha’ari : noix de coco - ‘ōpa’a : cible (noix de coco entière) - pa’a : zone / partie de la cible - pou pātia fā : mât / poteau porteur - tāpa’o : ligne de marquage - pūrau / aute / kahaia : arbres locaux pour javelots - matai ‘auri : pointe métallique du javelot 2. Commandes et expressions codifiées (forme moderne) - ha’amata ! : commencez ! démarrez ! - e pātia ! : lance ! - e māo’a : touche la cible ! atteins ! - e tīa’i ! : attends ! / stop ! - ‘ōpiti ! : arrêtez ! - e tu’u te mata’i ‘auri i raro ! : mettez la pointe métallique vers le bas ! - e ‘ohira’a i te mau pātia ! : ramassez les javelots ! - e tīa’i i te tāpa’o ta’i ! : attendez le signal de départ ! - ‘āre’a ! : voilà ! / c’est bon ! - ‘ua upo’oti’a ! : c’est gagné ! victoire ! 3. Verbes d’action caractéristiques - pātia : lancer / piquer - māo’a : atteindre / toucher la cible - puta : percer / transpercer - vero : jeter / lancer un projectile - taora : lancer (à bras cassé) - amo : soulever, porter (bras en balançoire) - toro : basculer, propulser (du torse) - arata’i : diriger / orienter - fa’aō : faire entrer / planter - fa’atano : poser / placer - fa’ateite : lever / hisser - ‘ohira’a : ramasser - tīa’i : attendre - tu’u : poser / mettre - ha’amata : commencer / démarrer - upo’oti : gagner / l’emporter - rave : effectuer / réaliser - fariu : tourner /pivoter 4. Notions techniques du pātia fā 3 techniques de lancer - amo : bras en balançoire - les deux bras font levier. Main porteuse sous le javelot, main propulseur au-dessus. Geste lent et amplifié - toro : basculement du torse - le propulseur est le geste brusque du coude. L’énergie vient du corps, pas seulement du bras - taora : lancer à bras cassé - bras replié en arrière, puis fouetté vers la cible. Semblable à un lancer de baseball Gestuelle clé - rima arata’i : main directrice (oriente le pātia) - rima fa’aōrō : main propulseur (pousse le pātia) - tōrō’a : trajectoire du javelot - tāpa’o ta’i : signal de départ (arbitre) - fa’ahepora’a : règles de sécurité / interdictions 29 CULTUREL CULTUREL

Champ d’apprentissage CA1 : Produire une performance optimale, mesurable à une échéance donnée Fondamentaux Moteurs Lancer loin et avec précision tout en contrôlant son geste. S’équilibrer : se positionner correctement : orientation du corps, position des pieds, des bras, des mains, angle du buste, définir son pied d’appui (droitier/gaucher) Coordonner : - les segments du corps pour optimiser puissance et direction ; - des actions motrices simples d’orientation : → Une main « porteuse » oriente le « pātia » ; → L’autre main sert de propulseur, c’est-à-dire à pousser le « pātia ». Prendre des informations pour : - Analyser la distance, la direction du vent pour réguler ses lancers et viser ou ajuster la trajectoire du patia en fonction de la hauteur de la cible (fā) ; - Contrôler son geste ; - Répéter un geste technique précis, stable et contrôlé. Fondamentaux Réflexion Observer : Orienter son attention sur des repères précis ; Recueillir les données. Raisonner : Prendre en compte les remarques et les observations transmises pour progresser ; Mettre en relation le résultat de son action avec la procédure utilisée. Fondamentaux Engagement Se contrôler : maîtriser ses émotions (gestion du stress entre les lancers, gestion de la frustration). Oser : se fixer des objectifs mesurables pour progresser. Expérimenter : se mobiliser de façon continue pendant les lancers. Fondamentaux Relation aux autres Respecter : Respecter les règles de sécurité (zone de lancer, manipulation du javelot), les autres, le matériel et l’environnement. Coopérer : Développer un esprit d'entraide et de coopération pour progresser (mise en place et rangement du matériel, observer les lancers (les siens, ceux des autres), mesurer les distances, compter les points avec les partenaires…) ; Utiliser le lexique commun partagé (distance, trajectoire, direction, appuis…) ; Bienveillance : encourager, commenter positivement les essais des autres. 30 PÉDAGOGIQUE PÉDAGOGIQUE

Objectif pour l’enseignant Phases préalables à l’activité : Distinguer le lancer de javelot polynésien (Pātia Fā) des disciplines modernes du lancer (vortex, disque, poids....). Découverte du Pātia Fā (javelot traditionnel) : - Connaître les éléments culturels (Pātia Fā, cible : noix de coco perchée, posture traditionnelle, ancrage culturel) ; - S’approprier le vocabulaire en français et en tahitien ; - Apprendre les règles de sécurité liées à la manipulation du Pātia Fā ; - Identifier et sécuriser la zone de lancer : pas de tir. 1.Identifier son œil directeur ; 2.Adopter une bonne posture de lancer ; 3.Apprendre à ajuster son geste pour lancer de plus en plus loin ; 4. Viser la cible en maintenant la posture : - Placement du corps et des appuis ; - Coordination mains/bras/jambes/lancer. 5. Améliorer la précision et la stabilité du lancer par la répétition, la régulation des gestes, le repérage des erreurs et l’ajustement du lancer. Cible réduite et placée en hauteur Performance = distance ou hauteur Impulsion ascendante Régularité dans la précision du tir Activité individuelle ou en équipe ➱ Tirer loin ou haut (sens) tout en contrôlant son geste (lancer par le bas) ➱ Prendre des repères sur soi pour gérer le couple puissance / précision ➱ Observer : diriger son attention sur des points précis : pour mettre en relation une façon de faire et la précision du tir pour aider son camarade à réguler son geste CA n°1 = performance Coordonner ses actions pour tirer loin et précis Prendre des informations sur soi et sur les autres Coopérer Respecter les règles, les autres MOTRICITÉ RELATION AUX AUTRES 31 SÉQUENCE SÉQUENCE

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