EPS web Tuaro maohi 26oaut2026

Origine géographique Le taupirimā‘ona est une forme de lutte traditionnelle pratiquée à mains nues dans la société polynésienne ancienne, notamment dans les îles de la Société comme Tahiti, Raiatea ou Taha’a. Il s’agit d’un combat au corps à corps, sans arme, pratiqué lors de rassemblements rituels et festifs. Ces compétitions étaient l’occasion de démontrer la technique guerrière, la force et l’adresse des participants. Dans d’autres archipels, comme les Tuamotu, des exercices guerriers et combats simulés étaient pratiqués, mais il n’est pas certain qu’il s’agissait d’une variante du taupirimā’ona. Toponymie - Matavai (Tahiti) : vallée mentionnée dans les récits anciens comme lieu de rassemblement - Marae : espace sacré associé au début et à la fin des combats - Marumarutaea et Pureva (Hao) : lieux mentionnés dans la légende de Munanui liés au combat Légendes associées Récit transmis par les premiers voyageurs Un lutteur nommé Mape est devenu célèbre pour avoir remporté un combat par un coup de tête porté à la tempe, sans engager de prise au corps à corps. Ce geste spectaculaire et inattendu, rapporté par William Ellis, lui valut l’admiration du public. Son nom reste associé à la pratique du mā‘ona dans les îles de la Société. Récit issu de la tradition orale des Tuamotu Une légende recueillie par le capitaine Victor Brisson raconte l’histoire de Munanui, roi de l’île de Haoroagai (Hao). Confronté à deux groupes venus de l’Est, il refuse les formes de combat à distance proposées (lance, jet de pierre, fronde), qu’il juge incapables de révéler la véritable force humaine. Il accepte uniquement le combat au corps à corps (taputo). Avant d’engager la lutte à Marumarutaea, il chante un pehe depuis le marae Pureva. Cette légende présente la lutte comme l’épreuve la plus noble, capable de désigner le guerrier le plus valeureux. Rituels La pratique du taupirimā‘ona s’accompagnait de rituels religieux importants. Avant les combats, les lutteurs se rendaient au marae pour présenter une offrande, le plus souvent un jeune plant de bananier, à la divinité du jeu. Après les affrontements, ils retournaient au marae pour remercier les dieux. Certains combats se déroulaient dans une grande cour délimitée de bambous, en présence de spectateurs et de la cour royale. Pendant les combats, des anciens récitaient des incantations rythmées. Les victoires donnaient lieu à des danses, des chants et des percussions. La présence du chef et de sa suite soulignait le caractère sacré et collectif de l’événement. 62 CULTUREL CULTUREL

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